Il existe différents stades dans le phénomène de bidonvilisation, mais il en est un qui demeure particulièrement rude pour ses habitants, la maison-barque.
Cet habitat flotte à l'abri des regards et des convoitises,
autrement dit sur les eaux croupissantes des bras morts du Buriganga et des divers effluents de la ville.
Ces maisons-barques manifestent la marginalisation d'une minorité dhakaia qui, aux dires des autres Bangladais, est peu fréquentable.
La plupart de "ces gens-là" n'est ni musulmane, ni hindoue, mais de diverses confessions tribales, ce qui ne favorise pas franchement les considérations sociales portées à leur égard.
Ils sont, dans les faits, bannis de la communauté urbaine et vivent plus que quiconque au gré des moussons.
Cet habitat est plus que sommaire, puisqu'il tient à la fois lieu de cuisine, de salon et de chambre à coucher.
Ses habitants, comme beaucoup d'autres, vivent des petits métiers qu'offre la capitale,
mais ceux-là se distinguent en confectionnant des bijoux qu'ils agrémentent notamment de peaux de cobras, chassés le long des berges.
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