Le port de Camaret fut le point de départ, dans les années 50, d'une flotte langoustière aussi importante qu'originale.
Le développement de la pêche à la langouste au large des côtes occidentales de l'Afrique avait poussé les armateurs de Camaret à lancer un nouveau type de bateau : le mauritanien.
L'originalité de ce langoustier était d'être équipé de viviers qui, à partir de 1955, furent complétés par des chambres frigorifiques afin de ne ramener que les queues de langoustes.
Entre 1955 et 1965, 28 navires de ce type ont été armés à Camaret.
En 1961, Camaret devient le premier port langoustier d'Europe, mais l'utilisation croissante des chaluts "de pêche arrière" entraîne rapidement la surexploitation de l'espèce.
A partir de 1965, le quartier maritime commence à mettre des mauritaniens à sec car ils sont rarement adaptables à d'autres types de pêche.
En 1985, ils ne sont plus que cinq. Le partage des zones de pêche mauritaniennes avec les espagnols et les portugais (entrés en 1986 dans la CEE) sonne le glas des camarétois.
L'aventure cesse au début des années 90, et le dernier langoustier est mis à sec en 1998.
Aujourd'hui, le cimetière de bateaux qui jouxte le port de plaisance de Camaret compte bon nombre de ces langoustiers mauritaniens.
NB. La fréquentation des côtes africaines par les bretons a été initiée dans les années 1910, succédant ainsi à la crise sardinière de 1903-1904.
Les camarétois pêchaient plutôt le long des côtes marocaines (langouste rouge), tandis que les douarnenistes se concentraient sur celles du Río de Oro (langouste verte).
On ne s'intéressa que plus tard aux côtes mauritaniennes.
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