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CUIR DE POISSON LE DERNIER CHIC
LA TESTE-DE-BUCH, GIRONDE, FRANCE © LUCAS SANTUCCI / ZEPPELIN NETWORK

Marielle Philip a ramené de Scandinavie une idée folle : faire du cuir avec la peau des poissons. En 2014, la start-up Femer voit le jour sur le bassin d'Arcachon, travaillant notamment avec la styliste Karine Coutière. Originale et écoresponsable, cette peausserie marine intéresse les maroquiniers, les chausseurs, les ébénistes, les bijoutiers, les horlogers et divers artistes. Tourné vers le luxe, ce cuir pourrait même remplacer les peaux les plus controversées du marché.

Une fois par semaine, Marielle se rend à la poissonnerie d'Arcachon pour récupérer les peaux du magasin afin de les recycler. Pour elle, ces déchets valent de l'or. À partir de ces indésirables, elle crée un produit raffiné et pour le moins original. Sa texture « écaille de poisson », bien que toutes les écailles aient été retirées, attire la curiosité. Bars mouchetés, truites d'Aquitaine, soles, esturgeons… au total, une dizaine d'espèces produisent « des grains de peau tout à fait uniques ».

Une démarche écoresponsable et 100% locale

Tanner la peau de poisson, oui, mais pas n'importe comment. Marielle veut réaliser un produit 100% local et écoresponsable. Contrairement à la plupart des peausseries, la jeune artisane n'utilise pas de chlore. Elle lui préfère un tannage végétal à base d'écorce de mimosa, une espèce considérée comme invasive autour de la dune du Pilat. Pour améliorer sa technique, la girondine travaille en partenariat avec plusieurs laboratoires, ce qui lui permet de développer un véritable savoir-faire. A l'heure actuelle, ses peaux sont de bien meilleure qualité que celles de ses maîtres lapons, cloîtrés dans des techniques ancestrales.

Tournée vers le marché du luxe

Aujourd'hui ses cuirs sont utilisés par des maroquiniers, des chausseurs, des ébénistes, des bijoutiers, des horlogers et divers artistes, tous trop heureux de trouver un produit original, local et éthique d'une si bonne qualité. Un succès qui n'est pas passé inaperçu auprès des grandes maisons de la mode. Soucieuses de conforter leur image de marque en intégrant des produits locaux issus de l'économie circulaire, elles regardent de près le travail confectionné dans ce petit atelier girondin. Le cuir de poisson ne devrait donc pas tarder à intégrer les nouvelles collections.

La Pilataise, la chaussure d'été 100% locale

Soucieuse d'aller au bout de sa démarche, Marielle Philip a rencontré la styliste Karine Coutière. Ensemble, elles ont eu l'idée d'une chaussure locale, produite en Aquitaine, et respectueuse de l'environnement. Le savoir-faire des deux entrepreneuses les a amenées à confectionner la Pilataise, une sandale d'été en peau de poisson qui fera fureur cette saison sur le bassin d'Arcachon.

© LUCAS SANTUCCI / ZEPPELIN NETWORK





LE PHOTOGRAPHE LUCAS SANTUCCI
D'abord ingénieur agronome, puis photo-journaliste, Lucas a intégré l'équipe d'Under The Pole comme responsable logistique et partenariat. Il a embarqué pour 18 mois d'expédition au Groenland dans la promiscuité d'un voilier où il s'est affirmé comme photographe terrestre et sous-marin. Après avoir documenté 9 mois de navigation qui l'ont amené à 80°Nord, Lucas a vécu l'hivernage pris dans les glaces, à quelques kilomètres d'un village de chasseurs-pêcheurs.