Aujourd'hui, toutes les tanneries demeurent dans l'enceinte de la médina et le secteur du cuir ne s'en porte pas trop mal.
Néanmoins, les conditions sanitaires et environnementales dans lesquelles se déroule cette activité sont déplorables.
Au cours des années 80, le cuir marocain a connu un développement important, tant au niveau de la transformation que de l'export.
A Marrakech, le secteur du cuir représente aujourd'hui 6,8 % du volume des produits artisanaux exportés.
Sa mise en concurrence sur le marché international a poussé les professionnels à s'unir, en 1991, autour de la Fédération Marocaine des Industries du Cuir.
Pour la FEDIC et l'Association des tanneurs de Marrakech, la création de zones industrielles dans plusieurs villes du royaume est une priorité.
Un tel projet devrait d'ailleurs voir le jour dans le secteur de Sidi Bouathmane, à trente kilomètres de Marrakech.
Ce projet devrait répondre à un double objectif : extraire les différentes tanneries du quartier Debbaghine pour mieux les regrouper à l'écart du résidentiel -
un regroupement qui, par le biais d'investissements et d'économies d'échelle, pourrait tripler la production de peaux tannées, actuellement fixée autour de 150 tonnes par mois.
Ne pas accepter les changements urbains, c'est sanctuariser une ville, un quartier et lui refuser le développement des activités essentielles aux rouages économiques et sociaux d'une métropole.
Toutefois, à l'image du marché de gros, aujourd'hui transféré à plusieurs kilomètres de la vieille-ville, le projet risque de déstructurer la trame urbaine
et l'on peut se demander si la mise à l'écart systématique d'un problème est une solution dans une ville séculaire.
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