Mohamed ne gagne que quelques dizaines de dirhams par jour, mais il essaye d'arrondir sa paye avec la cuisson des tangias,
sortes de pots-au-feu que les voisins lui amènent tôt dans la matinée.
La cuisson d'une petite tangia coûte 5 DH, 10 si elle est plus grande.
Il dépose ensuite ces petites amphores de terre cuite dans les cendres ardentes qu'il a mises à l'écart du four, et le ragout peut mijoter jusqu'à 5 heures d'affilée.
Mohamed prépare également les têtes de chèvres, comme ici au bout d'une broche.
La tête est d'abord grillée pour enlever les poils, puis elle est cuisinée en bouillie, avec des figues.
Pour les plus pauvres, c'est là un repas bien maigre.
La tangia et la tête de mouton font partie intégrante de la cuisine marocaine.
Pour la célébration de l'Aïd, c'est-à-dire pour la fin du jeûne du mois de Ramadan, ces deux mets sont assortis à de nombreux autres plats.
Pendant cette période, Mohamed reçoit donc beaucoup plus de visites.
Il tient toutefois à nous signaler que cette tradition se perd, étant donné que les marrakchis marocains sont toujours plus nombreux à quitter la médina.
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