Le travail de ciseleur

2007.03.19 #14-16

31°37'38''N 07°59'17''W

A 90 ans, Abesse Bel Moktar est l'un des plus anciens artisans de la médina. Il a travaillé pendant près de 70 ans comme ciseleur dans une armurerie-serrurerie. Il appartient à la tribu Sebaï et hérite du savoir-faire de son grand-père. Aujourd'hui, il continue de fabriquer des poinçons pour les artisans qui veulent orner des armes et divers objets d'art.

Le ciselage des armes est une des spécialités de Marrakech, qu'il s'agisse de poignards, de sabres ou de fusils. Autrefois destinées au combat, elles représentaient une appartenance tribale et un signe de valeur sociale. La lame des poignards, par exemple, se range dans un fourreau de cuivre ou d'argent plaqué.

Aujourd'hui, ces armes blanches ne sont plus portées par les citadins et leur fabrication est en grande majorité destinée aux touristes. En revanche, leurs valeurs symboliques restent très ancrées dans les traditions rurales du Maroc : ces armes sont considérée comme un patrimoine et leurs acquisitions font toujours figure de courage et de virilité. Dans certaines régions, le poignard fait partie intégrante de l'habit traditionnel. C'est d'ailleurs dans le sud-est de l'Atlas que l'ornement des poignards est le plus travaillé. Lorsque se déroulent les fantasias, ces traditionnelles manifestations équestres, les cavaliers tirent même avec des moukkalas, des fusils à poudre richement décorés, reconnaissables à la longueur de leurs canons.



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