La pluie fait son retour

2007.09.21 #0

31°37'38''N 07°59'17''W

Le vendredi 16 novembre 2007, il faisait grand soleil et l'on se serait cru en août. A cette date, le Maroc accusait un déficit pluviométrique moyen de 50% par rapport aux années précédentes : la catastrophe agricole menaçait.
C'est donc en application des consignes du roi Mohammed VI que le ministère des Habous et des Affaires islamiques appela les fidèles à accomplir une prière implorant le Tout-Puissant de répandre sa miséricorde sur le pays. A partir de 10h00, les fidèles se rendirent en masse dans les mosquées du royaume (qui officiaient la prière du vendredi) pour prendre part aux prières rogatoires.

Le 21 novembre, on accueille par des cris de joie l'arrivée de la pluie. L'air se rafraichit presque aussitôt, la poussière disparaît et l'on peut enfin respirer. Peu après, la température continue de chuter, l'eau ruissèle de toute part et l'humidité s'invite dans les salons. Si les paysans y trouvent la récompense de leurs investissements, le bonheur des citadins est de plus courte durée. Les égouts parviennent mal à drainer l'eau qui inonde peu à peu les ruelles. La crasse accumulée sur les toits et les pavés de la ville se transforme en un liquide gras et savonneux qui rend la chaussée désespérément glissante. Entre les flaques et les deux roues, les piétons s'improvisent équilibristes. Plus loin, sur les grands boulevards, le code de la route est supplanté par l'impatience et la débrouille. Les accidents se multiplient tant que les pluies durent.
Dans cette ambiance chaotique, il n'y a guère que les marchands de parapluies qui y trouvent leurs comptes. Les autres en profitent pour nettoyer leurs boutiques à grande eau tout en guettant les rares touristes qui ne seraient pas restés à l'hôtel.

NB. Jusque dans les années 1960, c'étaient les imâms qui appelaient à prier la pluie ; ils tiraient d'ailleurs les conséquences du succès, ou de l'échec de leur démarche. Depuis, la météorologie s'est sensiblement développée et c'est le roi du Maroc, Commandeur des croyants, qui a repris à son compte la prérogative de l'appel à la prière.



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