Aït Ben Haddou - la gestion du patrimoine

2007.07.23 #722-727

31°02'39''N 07°07'20''W

Le palais des congrès de Ouarzazate a abrité récemment des ateliers de consultation locale sous le thème "La gestion du patrimoine et développement durable" en présence du ministre des Affaires culturelles, du gouverneur de la province, du représentant résident du PNUD Mr Emmanuel Dierckx De Casterle, du représentant de l'UNESCO, du représentant de la coopération maroco-belge dans la région Wallonne Mr Philippe Mignot, du représentant du programme d'inventaire du patrimoine culturel du bassin du Draâ dans le cadre de la coopération maroco-suisse Mr Otto Kolbel Il s'agit du Ksar Aït Ben Haddou, patrimoine universel, situé à 30 km de Ouarzazate surplombant la vallée d'Ounila, parcourue par l'oued el Maleh. Le site date du 18ème siècle et certains vestiges le feraient remonter aux Almoravides au 11ème siècle. Selon la tradition orale, le site servait de point de transit des caravanes de négoce qui sillonnaient la route commerciale reliant le Soudan à Marrakech via Oued Draâ Le site classé patrimoine humain mondial le 7 décembre 1987, se distingue, en effet, des autres ksours du monde par son style architectural, ses matériaux de construction, son esthétique et ses éléments artistiques, ce qui l'a promu à occuper une place mondiale de choix et incité les organisations internationales, à leur tête l'UNESCO, à intervenir pour le classer patrimoine humain mondial dans le but de le sauvegarder, conformément aux dispositions de la Charte internationale de sauvegarde du patrimoine mondial adoptée par la conférence générale de l'UNESCO en 1972 et à laquelle adhérera le Maroc en 1975. Depuis 1987, date à laquelle le ksar Ait ben Haddou a été classé patrimoine mondial par l'UNESCO, acquiert davantage d'importance et est devenu l'incarnation des spécificités architecturales et sociales de tout le sud marocain.
L'importance du classement est un témoignage de l'intérêt manifesté par la communauté internationale pour ce site dans la perspective d'en élaborer un plan de sauvegarde et de réhabilitation. Il est la preuve de la renommée mondiale dont jouit le ksar et la région, ce qui en a fait une destination prisée du tourisme international.

Rendre l'âme à ce patrimoine universel ne veut pas dire le transformer en musée historique ou conserver la mémoire et momifier le passé, il faut certes, une vision et de l'imagination pour faire de ce site le socle de notre civilisation ancestrale afin de vivre notre présent et préparer notre avenir.

Les inondations de 1989 ont précipité le départ de la population vers la rive droite de l'Oued el-maleh, qui compte une centaine de foyers contre 7 pour le ksar. Ce mouvement de la population d'une rive à l'autre - amorcée déjà depuis le début des années 1970 - a formé le nouveau village, à cause du déficit en équipements au niveau du ksar ; l'absence d'un pont par exemple constitue l'un des principaux handicaps, en période de crues surtout. Un sentiment d'isolement et de marginalisation régnait chez les ksouriens du site.
Mais le phénomène d'abandon - attesté dans la plupart des ksour du sud marocain- s'inscrit dans un mouvement social d'urbanisation de la population marocaine stimulé par la recherche d'un mode de vie meilleur qu'on arrive plus à trouver dans les ksars : ceux-ci - avec leur fonction défensive d'antan - sont devenus obsolètes à leur sens. Chez les ksouriens de Aït Ben Haddou, ce phénomène est plus accentué car il s'agit d'un abandon quasi total.



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