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LOIRE SENTINELLE UNE EXPLORATION SENSIBLE
AU FIL DE LA LOIRE, DE L'ARDÈCHE À PAIMBŒUF © QUENTIN HULO / ZEPPELIN NETWORK

Des sources à l'estuaire, un couple de biologistes dessine la première cartographie de la biodiversité totale et de la contamination en microplastiques de la Loire. Pendant trois mois, sur près de 1000 kilomètres, Barbara Réthoré et Julien Chapuis s'embarquent dans une exploration scientifique et sensible du plus grand fleuve français. Baptisé Loire Sentinelle, leur projet propose d'apprendre de la Loire pour mieux la ménager.

En haut du mont Gerbier de Jonc, en Ardèche, Barbara et Julien observent les oiseaux qui volent au-dessus du Massif Central.
© QUENTIN HULO / ZEPPELIN NETWORK





À 1410 mètres d'altitude, dans un pré à proximité de la ferme du Sagnas, en Ardèche, l'eau sort de terre. C'est dans cette source officielle de la Loire que Julien et Barbara collectent leur premier échantillon. Un appareil mène l'eau dans un filtre qui conserve les traces d'ADN présentes au point de prélèvement.
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À l'aide d'un filet en forme de chaussette, Julien échantillonne durant 30 minutes les différents sédiments présents dans la Loire. Le but de cette opération, qui doit être effectuée trois fois de suite, est de détecter des traces de microplastiques dans l'eau. Le contenu du filet sera analysé ultérieurement en laboratoire.
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Barbara mesure les paramètres de l'eau (température, salinité, acidité…) tandis que Julien nettoie le filet qu'il vient d'utiliser pour échantillonner l'eau. Au fond de la « chaussette », on distingue une concentration de fines particules.
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Le fond de chaque filet constitue une chaussette amovible pour filtrer et conserver les particules que contient l'eau de la Loire. Ces prélèvements seront analysés ultérieurement en laboratoire pour détecter la présence de microplastiques.
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Barbara mesure les différents paramètres de l'eau (température, salinité, acidité…) tandis que Julien échantillonne l'eau de la Loire. Tracté par un kayakiste, il fait dériver un filet en forme de chaussette pour capturer de fines particules qui seront analysées ultérieurement en laboratoire afin de détecter la présence de microplastiques. Cette opération doit être effectuée 3 x 30 minutes.
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Barbara observe un morceau de plastique qu'elle a trouvé parmi les sédiments. Est considéré comme « microplastique », un plastique inférieur à 5 millimètres.
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Barbara montre des morceaux de plastique collectés sur le bord de la Loire. À gauche on distingue des plastiques peu dégradés, et à droite des morceaux de plastique dégradés.
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Julien et Barbara propulsent leur canoë à genoux, chacun avec une pagaie simple. Cette embarcation en toile est prévue pour contenir jusqu'à 350 kilos. Ici, ils poursuivent leur navigation après avoir dû contourner le barrage hydroélectrique de Grangent à pied.
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« Pour le moral en expédition, il est primordial de bien manger et de se faire plaisir », explique Barbara. « Et pour être raccord avec nos convictions et face au dérèglement climatique, nous avons choisi d'être végétaliens », précise Julien qui essaye d'utiliser le moins de plastique possible.
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Chaque journée se termine de la même manière : Julien et Barbara travaillent dans leur tente jusqu'à parfois 1 heure du matin. Il faut répondre aux mails reçus durant la navigation, alimenter le blog de l'expédition, trouver les passages les plus navigables de la rivière, organiser les prochaines escales et rencontres.
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Après le petit-déjeuner, Julien nettoie la vaisselle avec l'eau de la Loire. « Je déverse l'eau de lavage à plusieurs dizaines de mètres du fleuve, pour que le sable et la végétation puissent filtrer le savon, les huiles, etc. Même bio, même avec très peu d'ingrédients, le savon peut affecter l'eau et sa qualité. »
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Durant leur expédition, les deux biologistes consomment littéralement la Loire. À l'aide d'une poche filtrante, ils assainissent l'eau pour la boire directement. « Ça évite de charger des provisions d'eau, et ça nous permet de ne pas recourir aux bouteilles en plastique », précise Julien.
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Julien et Barbara arrivent à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, l'une des quatre centrales nucléaires installées sur ce fleuve.
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Julien et Barbara passent à côté d'une Renoncule des rivières qui forme de grands « radeaux flottants » d'où émergent des fleurs. Cette espèce regagne du terrain en Loire, probablement grâce à l'amélioration de la qualité des eaux.
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Installés face au courant pour éviter que leurs ADN ne faussent les résultats, les deux biologistes acheminent l'eau de la Loire vers un filtre qui conserve les traces d'ADN en vue de leur analyse ultérieure en laboratoire.
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Un filet est accroché à l'arrière du canoë pour collecter les particules en suspension dans l'eau. L'opération est réalisée 3 x 30 minutes. Surnommée « la chaussette » par les scientifiques, elle sera ensuite envoyée en laboratoire.
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Avant de retirer la partie terminale du filet servant à prélever les particules en suspension dans l'eau, et de réaliser un second échantillonnage depuis le canoë, Julien rince le matériel, de haut en bas, avec l'eau de la Loire.
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Livrés au laboratoire de l'Université catholique de l'Ouest (UCO), à Angers, les échantillons d'eau prélevés dans la Loire sont examinés. Les filtres en forme de chaussettes sont vidés dans des bocaux en verre à l'aide d'eau Milli-Q.
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Un échantillon d'eau prélevé dans la Loire révèle déjà un morceau de plastique vert flottant. L'ensemble du prélèvement doit être passé au microscope pour que les microplastiques qu'elle contient soient isolés et caractérisés.
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Contraints par les niveaux d'eau affaiblis par la sécheresse, Julien et Barbara sont parfois obligés de descendre de leur canoë pour le pousser sur et entre les bancs de sable.
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Julien observe la présence de castors : « Ce qui est fascinant, c'est qu'ils laissent des branches au sol qui vont s'enraciner, générer de nouvelles pousses, qui leur serviront plus tard de garde-manger. Les castors sont les jardiniers de la Loire. »
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Le soir, Barbara installe un piège photographique pour voir si des castors vivent près de leur camp. Dans la journée, des traces de pas et de dents sur des branches ont été observées.
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Julien et Barbara observent le fleuve asséché. En France, il n'a quasiment pas plu depuis deux mois, et le niveau de la Loire s'est considérablement réduit.
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« Le plus fatiguant n'est pas forcément la navigation, mais le chargement-déchargement du bateau, le montage-démontage du camp au quotidien… toute cette logistique propre à l'itinérance en canoë », rapporte Barbara.
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Barbara se nettoie les pieds avant d'entrer dans la tente. « En itinérance, sur le temps long, conserver un minimum d'hygiène, un confort, même relatif, est indispensable », insiste l'aventurière.
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À des collégiens angevins, Julien présente le canoë qui porte le matériel de l'expédition depuis maintenant deux mois.
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Lors d'un petit-déjeuner au bivouac, Barbara, Julien et Clara – écrivaine associée au projet dans le cadre de sa « résidence flottante », et accompagnant l'expédition pendant deux semaines – évoquent l'importance de la littérature dans la fabrique des nouveaux récits.
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Arrivés à Cosnes-Cours-sur-Loire, Julien et Barbara sont accueillis en musique par un groupe d'artistes, sympathisant du projet Loire Sentinelle.
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Lors d'une rencontre avec une classe du collège Jean Lurçat, à Angers, Barbara explique les conséquences des microplastiques sur la faune et la flore vivant en milieu aquatique.
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Aurélie suit l'expédition en dessin. Son travail porte un regard singulier sur la Loire pour sensibiliser le plus grand nombre sur cette question commune : « Que va devenir la Loire et qu'allons-nous devenir avec elle ? »
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Arrivée de l'expédition dans la plus grande métropole ligérienne : Nantes. Laure réalise des prises de vue vidéo pour son documentaire.
© JEAN-FÉLIX FAYOLLE / ZEPPELIN NETWORK





Visite du site hautement polluant de l'entreprise Yara qui réalise notamment des engrais chimiques agro-industriels, dans le port de Montoir-de-Bretagne.
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Julien et Barbara rencontrent la délégation « Maine-Loire-Océan » de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, sur une terrasse à Trentemoult (Rezé).
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Prélèvement de sédiments sur les berges de la Loire, au Pellerin. Dans l'estuaire, la vase a remplacé le sable.
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À Nantes, l'expédition passe à proximité d'un énorme silo à céréales approvisionné par un cargo.
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Dans l'estuaire, à Paimbœuf, Julien et Barbara déversent de l'eau prélevée dans l'une des sources du mont Gerbier de Jonc, en Ardèche. En ce dernier jour d'expédition, c'est un symbole fort pour les deux biologistes : « Par ce geste nous purifions symboliquement la Loire qui, lors de son écoulement jusqu'à l'estuaire, a été polluée de multiples façons. »
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Arrivée émouvante de Julien et Barbara sur la plage de Paimbœuf, marquant la fin de leur expédition après plus de 1000 kilomètres de navigation. « Cette dernière partie fait remonter plein de choses comme des flashs. Je pense à tout ce que l'on a vécu depuis plusieurs mois. On a du mal à imaginer que c'est la fin », conclut Julien.-->
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