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ÉLÉPHANTS SANS FORÊT LA GUÉRILLA PAYSANNE

Jaribasa, Assam, Inde. Mina Entipi, 45 ans, se tient devant sa maison, endommagée par des éléphants aux premières heures du jour. Découragée par les lourdeurs administratives, elle a renoncé à solliciter la compensation de 5 000 roupies (environ 45 euros) proposée par le Gouvernement. Depuis une dizaine d'années, les conflits avec les éléphants se multiplient : « Je me demande chaque année comment protéger ma maison, car la clôture électrifiée ne suffit plus », rapporte Mina qui a peur pour sa vie.

Attirés par les odeurs de nourriture, notamment les céréales stockées dans les greniers, les éléphants peuvent endommager, voire détruire les habitations. La Wildlife Trust of India estime à environ 500 000 le nombre de familles pénalisées chaque année par ces incursions, tous dégâts confondus.
© VINCENT ESCHMANN / AGENCE ZEPPELIN
La cohabitation entre les Indiens et les éléphants sauvages atteint un point de rupture. Bousculés par la déforestation et la pression démographique, ces grands herbivores s'aventurent chaque nuit dans les cultures et les nouveaux villages, provoquant des affrontements de plus en plus violents, parfois mortels. Un conflit ancien, mais aggravé par la rupture des corridors naturels. Entre peur, colère et fascination, les habitants montent la garde et improvisent des défenses armées. A contrario, l'association Hati Bondhu propose un modèle de coexistence avec le bel animal.