REPORTAGES PUBLICATIONS CONTACT

ÉLÉPHANTS SANS FORÊT LA GUÉRILLA PAYSANNE

Kattikkulam, Kerala, Inde. Des employés du service des forêts procèdent au comptage des grumes de teck issues des forêts de la Réserve faunistique de Wayanad. Environ un tiers de ce massif est couvert de plantations d'arbres tels que le teck (Tectona grandis), le palissandre (Dalbergia latifolia), l'eucalyptus et le silver oak (Grevillea robusta), souvent introduits pour la production de bois d'œuvre ou pour servir d'ombrage aux cultures (thé, café, épices).

De 2002 à 2024, l'Inde a perdu 350 000 hectares de forêts primaires humides, soit près de 15 % de la perte totale de couvert arboré du pays et 5% de ses forêts primaires humides. L'Assam est l'État le plus touché, avec une perte de 22 % de sa surface forestière.
© VINCENT ESCHMANN / AGENCE ZEPPELIN
La cohabitation entre les Indiens et les éléphants sauvages atteint un point de rupture. Bousculés par la déforestation et la pression démographique, ces grands herbivores s'aventurent chaque nuit dans les cultures et les nouveaux villages, provoquant des affrontements de plus en plus violents, parfois mortels. Un conflit ancien, mais aggravé par la rupture des corridors naturels. Entre peur, colère et fascination, les habitants montent la garde et improvisent des défenses armées. A contrario, l'association Hati Bondhu propose un modèle de coexistence avec le bel animal.