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GRAIN DE SAIL 1ER VOILIER-CARGO MODERNE
MORLAIX, SAINT-MALO (FRANCE) + BOCA CHICA, SAN FRANCISCO DE MACORIS (RÉPUBLIQUE DOMNICAINE) © NICOLAS MATHYS / ZEPPELIN NETWORK

Un voilier blanc rempli de tonnes de chocolat… ce n'est pas un conte, mais bien la réalité d'un commerce pionnier. L'idée ? Réconcilier transport et environnement. En 2020, le projet Grain de Sail prenait forme à Saint-Malo avec une cargaison de vins bios livrée à New York, de là des colis humanitaires jusqu'en République Dominicaine, et in fine, de la masse de cacao ramenée en Bretagne, et tout cela à la voile. Pas question de porte-conteneur, ni d'autre géant des mers. Il s'agit ici de limiter au maximum l'émission de CO2, avec des denrées sourcées, des producteurs éthiques et des clients exigeants. Grain de Sail est ainsi devenu le premier voilier-cargo moderne à répondre aux normes de la Marine marchande. Long de 24 mètres, avec 520 m² de voile au portant et une capacité de chargement de 50 tonnes, le navire enchaîne les transatlantiques – jamais à vide – avec élégance et candeur.

[Morlaix, France] L'atelier de torréfaction de l'entreprise Grain de Sail traite le café acheminé à la voile depuis la République Dominicaine. Ici, on distingue des grains verts jaunâtres qui ont été séchés près du lieu de production. Derrière, les grains bruns sont le résultat final de la torréfaction en France. Ils sont prêts à la consommation.





[Morlaix, France] Damien contrôle la torréfaction du café qui dépend de la température et du temps que les grains passent dans la machine. Plus ils sont torréfiés longtemps, et plus leur couleur deviendra foncée et leur goût fort.


[Morlaix, France] Du chocolat de couverture est utilisé pour enrober des ingrédients tels que des amandes, noix ou noisettes. Chaque produit est sourcé avec des partenaires partageant les valeurs sociales et environnementales de l'entreprise.


[Morlaix, France] Un chocolatier étale du chocolat de couverture dans un moule destiné à concevoir une tablette de chocolat. Le moulage manuel est pratiqué pour de petites productions ou des tablettes ne passant pas dans les machines, ainsi que pour des moulages saisonniers.


[Morlaix, France] Jacques Barreau, cofondateur et directeur général de Grain de Sail, présente ses produits. Née en 2010, l'entreprise a choisi de ne pas installer de sites de transformation localement pour laisser une partie de la valeur ajoutée aux producteurs de cacao.
[Saint-Malo, France] Le voilier-cargo Grain de Sail entame sa quatrième boucle transatlantique. Gulwen, le capitaine, est à la barre pour sortir de la rade de Saint-Malo. Il passe ici devant la cité fortifiée.





[Saint-Malo, France] Gulwen prépare l'appareillage. Il est 6 heures 30, la date et l'heure du début de chaque transatlantique étant généralement dictée par les conditions météorologiques. Pour optimiser leur navigation et ajuster leur route, les marins à bord sont appuyés en permanence par des équipes à terre ayant une vue globale des aléas climatiques.


[Saint-Malo, France] Deux marins hissent le spi, une voile qui se gonfle comme un ballon et qui est utilisée lorsque l'allure est au portant, c'est-à-dire quand le vent vient de l'arrière. Il s'agit du premier navire vélique moderne normé « marine marchande ». D'une longueur de 24 mètres, sa capacité de chargement est de 50 tonnes.
[océan Atlantique] Parti de Bretagne, le navire met le cap sur New York pour y faire escale, puis jusqu'en République Dominicaine, avant de retourner en Bretagne. Deux boucles semblables sont réalisées chaque année, entre octobre et juin. Le trajet dépend des conditions météorologiques et évolue d'une boucle à l'autre. En général, la route Bretagne – New York est « assez nord » pour éviter les risques cycloniques de la zone caribéenne.





[Boca Chica, République Dominicaine] Dès l'amarrage au port de commerce, un agent du Corps spécial de sécurité portuaire (CESEP) s'enquiert des formalités douanières auprès de Gulwen, capitaine de Grain de Sail. L'identité des marins, du navire et la cargaison sont contrôlées avant d'autoriser le déchargement.


[Boca Chica, République Dominicaine] Gulwen utilise un système de treuil et de poulie pour décharger une cargaison de matériel humanitaire, surtout destinée à des jeunes enfants dominicains. Par manque d'infrastructures portuaires et de main d'œuvre qualifiée, ils sont forcés de décharger eux-mêmes pour optimiser leur carnet de route.
[San Francisco de Macoris, République Dominicaine] Vue aérienne d'une exploitation de cacao. La culture des cacaoyers est traditionnellement riche en diversité. En pratiquant l'agroforesterie, les paysans rassemblent diverses essences d'arbres fruitiers et des plantes annuelles sur une même parcelle.





[San Francisco de Macoris, République Dominicaine] Un producteur présente les cacaoyers qu'il cultive en agriculture biologique. Il est membre de la coopérative agricole Rizek, le partenaire de Grain de Sail, qui contribue au développement de projets fermiers responsables sur les plans environnemental et social.


[San Francisco de Macoris, République Dominicaine] Un producteur de cacao ouvre une cosse à la machette. C'est ce procédé qui est employé pour récolter les fèves de chaque cosse mûre. Un cacaoyer peut faire pousser des fruits toute l'année, mais ils ne mûrissent pas au même rythme, ce qui nécessite de vérifier régulièrement les arbres.


[San Francisco de Macoris, République Dominicaine] Un membre de l'équipe Grain de Sail inspecte l'intérieur d'une cosse de cacao. Elle comporte des graines qu'on appelle « fèves de cacao ». Ces fèves sont amères, même si elles sont entourées d'une pulpe douce et acidulée.


[San Francisco de Macoris, République Dominicaine] Extraites des cosses de cacao par le producteur, les fèves sont rassemblées en bord de route. La coopérative agricole Rizek les récupère ensuite pour les faire fermenter et les sécher, et la masse de cacao obtenue sera acheminée en France par voilier.
[Boca Chica, République Dominicaine] La marchandise est inspectée par un agent du Corps spécial de sécurité portuaire (CESEP) avant d'être embarquée sur le voilier-cargo. Normé « marine marchande », le voilier doit se conformer aux mêmes règles appliquées à tout navire de commerce.





[Boca Chica, République Dominicaine] Une palette de masse de cacao de la coopérative agricole Rizek est transportée à l'aide d'une grue jusque dans la cale de Grain de Sail.


[Boca Chica, République Dominicaine] La cale isolée a une capacité théorique de 50 tonnes, mais la densité et la répartition du cacao sur les palettes ne permettent d'en embarquer que 36,5 tonnes.
[Boca Chica, République Dominicaine] Deux dockers dominicains, Julia la chef de quart, et Gulwen le capitaine réceptionnent une palette. La manipulation est complexe et dangereuse, car la grue doit insérer précisément, et dans une certaine direction, chaque palette dans une ouverture d'environ 1,5 mètre.





[Boca Chica, République Dominicaine] Une fois la cale remplie de 36,5 tonnes de masse de cacao, Julia accroche des tendeurs pour éviter le moindre mouvement durant la navigation. Entre les 40°C et les 70 à 85 % d'humidité, le travail est épuisant.


[Boca Chica, République Dominicaine] Nao sécurise la cargaison en gonflant des coussins d'air dans les derniers espaces vides entre chaque palette. Dans cet espace très confiné, il faut ramper au-dessus de la marchandise pour atteindre le fond de la cale.
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LE PHOTOGRAPHE NICOLAS MATHYS
Aventurier et passionné d'explorations, Mathys, comme il aime qu'on l'appelle, s'intéresse aux milieux montagneux et polaires, et ce, depuis une expédition autonome en Islande. Ces dernières années, la découverte des étendues sauvages canadiennes, où il a été formé comme « guide de plein air », lui a permis de rencontrer les populations autochtones nord-américaines : les Premières Nations. Désormais installé dans le Sud-ouest de la France, il partage son temps entre les Pyrénées, les pays bordant l'Arctique et le reste du monde.