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UN BALLET SOUS LES BOMBES
LVIV, UKRAINE © ROMAIN ADAM / ZEPPELIN NETWORK

Coule la sueur sur les parquets de Lviv. En 2022, à l'école Veseli Cherevychky, les danseurs de ballet transpirent avec une énergie inédite : celle de l'innocence bouleversée par la guerre. Pendant que leurs aînés ukrainiens se battent comme ils peuvent contre les soldats russes, ces enfants valsent entre deux alertes à la bombe. Un sublime exutoire pour cette génération sacrifiée, et une ode à la liberté pour leurs spectateurs. Habitants de Lviv, réfugiés de l'Est, ou simples passionnés de danse, ils sont des résistants à leur manière.

Créée en 1991 par deux chorégraphes, Marya et Volodya Chmyr, l'école Veseli Cherevychky compte près de 450 élèves, danseurs et chanteurs de 3 à 25 ans. Scolarisés dans différentes écoles, ces enfants suivent ici un entraînement intensif de danse, de chant et aussi de langue et de culture française. L'établissement est également soutenu par Les Joyeux Petits Souliers, une association française qui, depuis plus de 20 ans, organise leurs concerts dans l'Hexagone. Aujourd'hui, cette école de danse sublime la résistance du peuple ukrainien. C'est d'ailleurs là qu'une partie de l'aide humanitaire est distribuée aux réfugiés de l'Est du pays.

[Lviv, Ukraine] Dans le centre-ville, le « mur des soldats » accueille des fleurs, des photos et des messages pour rendre hommage aux combattants ukrainiens.





[Lviv, Ukraine] Chorégraphe et co-directeur de l'école, Volodia montre aux élèves un mouvement de bras qui compose l'hopak, une danse originaire du centre de l'Ukraine.


[Lviv, Ukraine] Chorégraphe et co-directrice de l'école, Maria exige beaucoup de discipline de la part des élèves qui exécutent une dudo dance, une danse percussive originaire des Carpates.
[Lviv, Ukraine] Filles et garçons répètent une hopak. Au XVIème siècle, cette danse était exécutée par les hommes avant les batailles.





[Lviv, Ukraine] Quasiment tous les garçons commencent leurs danses accroupis, les bras et la jambe écartés. Cette figure symbolise l'audace, la force, la chaleur et la bienveillance du peuple ukrainien.


[Lviv, Ukraine] Au terme d'une lirychnyi, une danse romantique originaire du centre de l'Ukraine, chaque garçon offre une couronne de fleurs à la fille de son choix, comme le veut la tradition.
[Lviv, Ukraine] Une sirène retentit pendant une répétition : c'est une alerte au bombardement. Ici, le smartphone du chorégraphe confirme ses inquiétudes. Une application équivalente d'Air Alarm Ukraine géolocalise les alertes actives et les bombardements constatés par les municipalités de tout le pays. L'entreprise américaine Google propose le même système. Autant d'outils précieux lorsque les sirènes sont inaudibles.





[Lviv, Ukraine] Suite à une alerte au bombardement, les élèves, les enseignants et le personnel administratif de l'école patientent dans les sous-sols jusqu'à la seconde alarme qui doit indiquer la fin de l'alerte.


[Lviv, Ukraine] Les danseuses passent le temps en faisant leurs devoirs pendant une alerte au bombardement. Les smartphones sont précieux pour lire et de travailler dans la pénombre.


[Lviv, Ukraine] Sous la menace d'un bombardement, les élèves continuent de danser dans les sous-sols.


[Lviv, Ukraine] La guerre est sur toutes les consciences, et chacun se tient informé de l'évolution du conflit.
[Lviv, Ukraine] Deux danseuses s'entraînent au tir avec un fusil à billes et des cibles à l'effigie du président russe.





[Lviv, Ukraine] Ivan salue ses enfants, Andrey et Julia, avant de rejoindre son régiment et de partir sur le front de la guerre. Julia a peur que ce soit la dernière fois qu'elle le voit.


[Lviv, Ukraine] Les élèves ont appris la danse classique, mais aussi le chant. Ici en haut à gauche, ils chantent en l'église Saint-Nicolas lors d'une messe dominicale rendue d'autant plus fervente.
[Lviv, Ukraine] Le directeur de l'école Veseli Cherevychky, Volodia, est régulièrement au téléphone pour gérer l'afflux d'aide humanitaire.





[Lviv, Ukraine] Les élèves s'impliquent dans le déchargement des cartons de produits de première nécessité. Ce jour-là, 15 tonnes d'aide humanitaire sont livrées et stockées au sein de l'école de danse, laissant peu de place aux élèves.


[Lviv, Ukraine] Réfugiés en France, des Ukrainiens retrouvent leurs parents restés au pays. Ils ont fait la route dans un bus prêté aux Joyeux Petits Souliers, une association culturelle française qui, depuis le début du conflit, gagne une vocation humanitaire.


[Lviv, Ukraine] Chaque personne qui vient chercher un colis, que ce soit pour elle ou pour l'acheminer au front, doit montrer patte blanche et signer un registre.


[Lviv, Ukraine] Des réfugiés choisissent des habits mis à disposition par l'aide humanitaire. Ils ont tout laissé derrière eux, et retrouvent là un peu de dignité en pouvant changer de vêtements.
[Lviv, Ukraine] Les danseurs s'échauffent devant le miroir et sous les drapeaux français et ukrainiens. Un drapeau vendéen rend également hommage aux habitants dudit département qui, par le biais de l'association Les Joyeux Petits Souliers, ont été nombreux à accueillir des réfugiés.





[Lviv, Ukraine] À deux heures de la représentation, Julia se fait faire des nattes par une amie.


[Lviv, Ukraine] Une jeune danseuse s'apprête en costume traditionnel dans un miroir.
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LE PHOTOGRAPHE ROMAIN ADAM
Dès son premier appareil photo, il en est devenu accro. En 2009, il a parcouru l'Inde, son premier grand voyage, joignant son obsession pour la photographie à ses envies d'ailleurs. Depuis lors, il n'a de cesse de capturer des scènes de vie, des personnes incroyables et inspirantes, et de les documenter au moyen d'enregistrements audio, vidéo et bien évidemment photo. Mélomane à ses heures, il octroie beaucoup de temps aux artisans musiciens qu'il rencontre aux quatre coins du monde.